Une intelligence artificielle qui nous aide à bâtir plus rapidement, en toute sécurité et avec confiance

20 août 2026
Par Laura Money

Toutes les grandes organisations tentent d’aller plus vite grâce à la technologie. Mais à elle seule, la rapidité ne suffit pas.

En tant que première directrice des services d’information et de l’innovation technologique, je constate cette pression chaque jour dans nos efforts pour moderniser nos plateformes, renforcer la résilience, améliorer l’expérience de la clientèle et du personnel, gérer les cyberrisques, adopter l’infonuagique, élargir les capacités liées aux données et explorer l’IA responsable.

Le défi consiste à avancer rapidement, tout en faisant preuve de discipline, de cohérence et de confiance.

C’est pourquoi l’architecture d’entreprise est importante. Dans les secteurs de la gestion d’actifs et de l’assurance, les choix technologiques sont déterminants. Ils définissent la manière dont nous servons les Clients et Clientes, protégeons les données, gérons les risques, répondons aux attentes réglementaires, soutenons le personnel et créons de la valeur à long terme.

On demande également aux équipes d’architecture d’en faire plus : soutenir davantage d’initiatives, de plateformes, de cas d’utilisation de l’IA, d’exigences en matière de sécurité et d’attentes en matière de gouvernance. Bien souvent, les connaissances essentielles à ces tâches sont réparties dans plusieurs documents, systèmes et équipes, ou découlent de l’expérience personnelle des gens.

C’est le défi que l’agent architecte des technologies de la Sun Life nous aide à relever. 

L’agent architecte est une plateforme alimentée par l’IA conçue à l’interne à la Sun Life pour soutenir l’équipe Architecture d’entreprise. Il permet aux architectes d’expérience de passer moins de temps à chercher, à rédiger et à assembler des documents sur les processus courants, et plus de temps à réfléchir aux décisions qui façonnent l’entreprise.

Pourquoi est-ce important dans le contexte actuel?

Dans une organisation de services financiers d’envergure mondiale, aucune décision technologique n’est que technologique.

Une nouvelle application peut avoir diverses ramifications : cybersécurité, confidentialité, gouvernance des données, résilience opérationnelle, expérience Client, obligations réglementaires, coûts et innovation future. L’infonuagique peut améliorer la rapidité et l’évolutivité, mais soulève également des questions sur le risque de concentration et la résidence des données. Un cas d’utilisation de l’IA peut optimiser la productivité, mais seulement s’il s’accompagne de bons contrôles, d’une bonne supervision et d’une bonne responsabilisation.

L’architecture relie ces éléments. Elle rassemble la stratégie d’affaires, l’exécution technologique, la sécurité, la résilience et la gouvernance afin que nous bâtissions des structures sécurisées, évolutives, réutilisables et harmonisées à l’orientation de l’entreprise. Et, oui, tout cela plus rapidement aussi.

Mais ce travail est complexe. Les architectes doivent comprendre les normes, les décisions antérieures, les dépendances des plateformes, les exigences en matière de sécurité, le contexte d’affaires et les considérations réglementaires. Ces renseignements peuvent être difficiles à trouver, à analyser et à traduire en décisions opportunes. 

Dans ce contexte, il est possible que la gouvernance soit perçue comme un goulot d’étranglement. Les équipes peuvent effectuer du travail en double et la prise de décisions peut prendre plus de temps que nécessaire. Dans un secteur réglementé, la rapidité sans cohérence peut entraîner des risques.

Dans quels secteurs l’IA peut-elle aider? 

Une grande partie de la conversation sur l’IA porte sur la productivité : rédiger, résumer et chercher plus vite. Oui, l’IA peut être utile pour ces choses, mais la plus grande occasion à saisir consiste à appliquer l’IA aux disciplines qui aident les entreprises à prendre de meilleures décisions.

Notre agent architecte agit comme un partenaire numérique en architecture. Il regroupe les normes approuvées, les décisions antérieures, les exigences de gouvernance, les renseignements sur les plateformes et les connaissances institutionnelles pour créer une expérience conversationnelle simple.

  • Quelles normes s’appliquent?
  • Avons-nous déjà pris une décision similaire?
  • Quels sont les points à considérer en matière de sécurité, de données et de résilience?
  • Quels compromis les leaders devraient-ils comprendre?

L’objectif n’est pas de faire en sorte que l’IA prenne des décisions pour les architectes. Il s’agit de réduire les frictions autour des bonnes décisions à prendre, en trouvant les renseignements pertinents, en structurant l’analyse, en préparant les premières ébauches et en aidant les équipes à progresser avec plus de clarté en ce qui touche la gouvernance.

Les gens restent au cœur de tout

Pour toute organisation fondée sur la confiance, l’adoption raisonnable de l’IA exige une responsabilisation claire, une gouvernance solide, de bonnes données, une sécurisation dès la conception et une supervision humaine réfléchie.

C’est pourquoi le modèle avec intervention humaine est important. L’agent architecte peut aider, récupérer, comparer, résumer et rédiger, mais ce sont toujours les architectes qui évaluent, remettent en question, affinent et prennent les décisions. L’IA facilite le travail entourant les décisions à prendre, mais elle ne remplace pas le jugement nécessaire pour les prendre.

Les entreprises qui créent le plus de valeur à partir de l’IA donneront aux gens un meilleur contexte, de meilleurs outils et de meilleures perspectives, sans compromettre la responsabilisation, l’éthique et la discipline de gestion des risques. 

La valeur pour l’entreprise

La valeur est concrète. Lorsque les architectes trouvent les normes pertinentes plus rapidement, les équipes peuvent repérer les problèmes plus tôt. Lorsqu’il est plus facile d’accéder aux décisions antérieures, les entreprises peuvent réutiliser ce qui fonctionne et éviter de faire les mêmes erreurs. Lorsque les documents sur la gouvernance sont plus clairs, les processus d’examen sont plus efficaces. 

Au fil du temps, cela peut entraîner une exécution plus rapide et moins de travail en double. Cela peut améliorer la réutilisation des technologies et la gestion des risques. Le lien entre l’investissement en technologie et les résultats d’affaires peut devenir plus clair.

Pour moi, c’est ainsi qu’il faut mesurer l’apport de l’IA : ce n’est pas le nombre de projets pilotes que nous lançons qui compte, mais plutôt comment l’IA aide réellement l’entreprise à mieux fonctionner. Cela comprend la façon dont nous prenons des décisions, gérons les risques, faisons évoluer l’innovation et créons de la valeur durable. 

La prochaine phase d’adoption de l’IA portera moins sur l’expérimentation et davantage sur l’intégration de l’IA dans les disciplines fondamentales de l’entreprise : l’architecture, la sécurité, la gestion des risques, le contrôle de la conformité, les opérations, les finances et le service à la clientèle.

Les entreprises phares ne traiteront pas l’IA comme un raccourci pour contourner une bonne gouvernance. Elles l’utiliseront plutôt pour optimiser et accélérer le processus de gouvernance, le rendre plus sécuritaire et l’arrimer davantage aux affaires.

La promesse de l’IA n’est pas seulement d’aider les gens à travailler plus vite. C’est de permettre aux entreprises de prendre de meilleures décisions avec davantage de contexte, de cohérence et de confiance.

Voilà l’occasion qui s’offre à nous, celle que nous devons saisir de manière réfléchie, en toute sécurité et en plaçant résolument les gens au centre de tout. 

Laura Money

Vice-présidente générale et première directrice des services d'information et de l'innovation technologique